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Rajeunissement et renouvellement de la classe politique : Tidjane Thiam, le "faux" messie qui veut succéder à Bédié

Economie et Politique

Rajeunissement et renouvellement de la classe politique : Tidjane Thiam, le « faux » messie qui veut succéder à Bédié

A moins de deux ans des échéances électorales pour choisir celui qui devra conduire la destinée de la Côte d’Ivoire en 2025, les états-majors des partis politiques sont en effervescence. Si pour l’instant, au Rhdp, parti au pouvoir, c’est le silence-radio, en dépit des appels du pied de certains militants pour que le président de ce parti, sollicite un quatrième mandat, la situation au Ppa-ci n’est pas encore lisible, et pour l’instant, rien ne point à l’horizon. Il en est de même au Fpi, partenaire du Rhdp. En revanche au Pdci-Rda, c’est la veillée d’arme pour l’organisation du congrès, qui devra choisir le successeur du président Henri Konan Bédié, disparu il y a quelques temps.

De tous les candidats en lice pour succéder au sphinx de Daoukro, tout porte à croire qu’on s’achemine vers un consensus autour de la candidature de Tidjane Thiam, qui cristallise toutes les espérances de nombreux militants du plus vieux parti de notre pays. Ceux-ci voient en lui le candidat idéal du Pdci-Rda, à même de tenir la dragée haute à l’actuel chef de l’Etat. 

D’autres encore le voient comme le futur  président de la Côte d’Ivoire, adoubé qu’il serait par l’establishment français, qui ne verrait pas d’un mauvais œil qu’il succède à Alassane Ouattara. L’homme fait actuellement la une de l’actualité, aussi bien dans les journaux que sur les réseaux sociaux. 

Toutes ses activités sont abondamment relayées et la moindre de ses paroles fait l’objet de commentaires à n’en pas finir. On aura également remarqué qu’avec l’irruption de Tidjane Thiam sur l’échiquier politique ivoirien, après plus de vingt ans d’absence, ressurgit le débat sur la nécessité du renouvellement et du rajeunissement de la classe politique ivoirienne, surtout celle qui a encore des velléités de conduire la destinée de notre pays.

S’il est légitime que le flambeau soit passé à une nouvelle génération, il est tout aussi légitime de demander les hauts faits de cette génération nouvelle quant à l’histoire récente de notre pays, pour mériter ce flambeau. Où étaient ces hommes et ces femmes jeunes pendant les heures de braise de la lutte de l’opposition pour les échéances de 2020 ?  Qu’ont-ils fait plus que les anciens qu’ils poussent dans le dos ?

De la vacuité du débat sur la lutte générationnelle…

En quoi seraient-ils les « rédempteurs » qui nous soulageraient de nos fardeaux ? Pour rappel, en 2020, l’opposition ivoirienne, regroupée au sein du Conseil National de Transition (Cnt), avait lancé un mot d’ordre de désobéissance civile, à l’effet de s’opposer au troisième mandat qu’elle jugeait illégal et illégitime, que sollicitait l’actuel chef de l’Etat. C’est un truisme de le dire, ce mot d’ordre avait mis à mal la confiance et les certitudes du pouvoir ivoirien. 

Comme il fallait s’y attendre, une grande répression s’était  abattue sur l’opposition et avait laissé des séquelles : Affi N’guessan fut arrêté et incarcéré dans un lieu inconnu, Maurice Kacou Guikahué fut embastillé à la Maca, le président Bédié, le secrétaire général du Fpi (pro-Gbagbo), Assoa Adou et le président du Comité de Contrôle de la même tendance du Fpi, le professeur Hubert Oulaye, ont vu leurs domiciles faire l’objet de blocus par une escouade d’hommes en treillis.

On n’oublie non plus les nombreux morts et les nombreux anonymes enfermés dans les sous-sols d’Abidjan et de plusieurs villes de l’intérieur. Cette répression, synonyme de décapitation a désorienté les militants de l’opposition car la lutte n’avait plus de tête.

C’est dans cette situation, que l’on s’est rendu compte de la vacuité du débat sur la lutte générationnelle que certaines personnes ont voulu insidieusement lancer pour disqualifier les présidents Bédié et Gbagbo.

« il est bon de savoir que le messie n’est pas de tous les siècles… « 

En effet, quand le président Bédié, président du Conseil National de Transition (Cnt), dont le domicile faisait l’objet de blocus, et n’était plus en mesure de conduire efficacement la lutte, où étaient ces jeunes dont le nom revenait de façon récurrente, et pour qui beaucoup de personnes plaidaient pour que Bédié s’efface ?

Pourquoi n’ont-ils pas saisi l’opportunité pour continuer la lutte et la mener à son terme ? S’ils l’avaient fait, qui objectivement ne les aurait pas adoubés au terme du combat, pour des responsabilités plus grandes ? On ne les a ni vus, ni entendus aussi bien ceux qui étaient au pays que ceux qui étaient à l’extérieur. 

Cette remarque concerne tous les « jeunes » de tous les partis politiques qui réclament à cors et à cris le renouvellement et le rajeunissement de la classe politique, attendant que le témoin leur soit passé comme dans une course de relais.

Aujourd’hui, la presse et des groupes organisés sur les réseaux sociaux présentent la mission quasi messianique d’un d’entre eux. Attendons de voir. Toutefois, il est bon de savoir que le messie n’est pas de tous les siècles. Il est déjà venu et le monde n’en attend pas un deuxième ! Ainsi va le pays. Mais arrive le jour où l’ivraie sera séparée du vrai.

Nanouh Konaté

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