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Economie et Politique

Ex cadre de l’UDPCI, Christelle Toma : « Pourquoi je suis combattue par le camp Mabri »

Ancienne secrétaire nationale adjointe de la jeunesse UDPCI chargée des relations publiques, Christelle Toma reste avant tout une combattante des droits de la femme et des enfants. En rupture de ban avec Mabri Toikeusse, son ancien mentor, Christelle Toma a récemment dénoncé la séquestration dont a été victime sa génitrice, ancienne maire de la commune de Bin-houyé. Dans un entretien, la journaliste jette un regard critique sur l’atmosphère politique de sa région, le Tonkpi, qu’elle fait vite de comparer à une mini Corée.

Présentez-vous à nos fidèles lecteurs…

Je suis Christelle Toma, journaliste de formation, présidente-Directrice d’une structure de communication. Par ailleurs, je suis une activiste engagée pour la lutte des droits des femmes et des enfants.

Comment expliquez-vous la candidature unique aux futures municipales chez vous, à Bin-houyé ?

Le fait d’une candidature unique à Bin-Houyé est malheureusement le résultat de manœuvres politiques malsaines. A la vérité, cette candidature unique n’a jamais été le choix des populations mais un choix imposé à ces populations, à tous les acteurs politiques de Bin-Houyé.

Parlant de la séquestration de votre mère, quelle suite comptez vous donner à cette affaire qui fait encore des vagues sur la toile ?

De la question précédente, retenons aussi que certains candidats se sont vus empêchés de déposer leurs dossiers de candidature. Parmi ces personnes, figure ma mère qui a été victime de séquestration. Concernant cette affaire, elle suit son cours. Nous avons porté plainte envers différentes structures dont je tairai les noms pour des questions de sécurité.

Nous avons même été voir la commission nationale des droits de l’homme et la société civile. Sur le plan juridique, nous avons même porté plainte. Nous avons également contacté la ligue des féministes de Côte d’Ivoire car il s’agit de droits de la femme et de la dignité humaine qui ont été bafoués. C’est ce qu’il faut retenir.

Dans une vidéo, vous comparez le Tonkpi à une Corée bis. Qu’est-ce qui motive ces propos ?

Je compare notre région malheureusement à une Corée bis parce que lorsqu’il y a la pression, l’oppression avec trop de représailles ; lorsqu’on vit sous des menaces, contraint à vivre dans la peur perpétuelle de perdre son poste, à ce moment-là, il n’y a plus de droit. L’actualité nous l’enseigne. Nos leaders politiques copient bien sur cette Corée, imposant leur choix à la masse. Il faut suivre sans demander, sans broncher et sans rouspéter. Aujourd’hui, ma région, le Tonkpi, a tous les attributs de cette Corée là. C’est une mini Corée où les gens sont contraints d’agir tels des automates. Dommage que l’on arrive à ça.

Avez-vous des appréhensions quant au bon déroulement des prochaines joutes électorales dans votre région ?

Ah oui ! Nous avons des appréhensions. C’est justement pour cela que nous avons dénoncé avec la dernière énergie la séquestration de ma mère comme tous les combats que j’ai toujours menés. Quand on voit les traques contre les candidats indépendants, ce qui se dessine à l’horizon, il y a de quoi avoir peur pour cette région du Tonkpi.

L’oppression se fait partout. On oblige des gens à quitter leur liste de départ pour d’autres. Cela avec des menaces à la clé. Quand on va jusqu’à séquestrer une femme d’un certain âge, juste pour l’empêcher de déposer ses dossiers de candidatures, c’est dire qu’on n’est pas prêt à lâcher du lest. Ça craint ! Ce qui se dessine à l’horizon dans le Tonkpi fait peur.

Je le dis pour alerter. Ceux qui sèment la terreur dans le Tonkpi vont sciemment contre la loi. De telles personnes ne sont pas prêtes à accepter tout résultat contraire à leur choix. En tant que journaliste, je sais que là où il y a trop de frustrations, la révolte n’est plus loin. Chez nous, la liberté d’expression n’a plus de place. Nous sommes tous menacés. Même les médias locaux sont limités. Personne n’est en sécurité. A partir de ce moment, je peux dire sans sourciller que des moments sombres nous guettent dans le Tonkpi.

Quels sont vos rapports avec Mabri Toikeusse, votre ex mentor?

Avec mon ex mentor, Mabri Toikeusse, nos rapports ne sont pas au beau fixe. Tout le monde le sait. Mon péché est d’être restée fidèle à mes idéaux et d’avoir dit non au retour au RHDP. Nos rapports ont vite pris un coup à partir de ce moment-là. Nos relations sont malheureusement très tendues. Je suis combattue pour mes choix contraires à l’idéologie actuelle, celle du  » parrain  » qu’on n’ose pas quitter.

C’est malheureux de constater qu’en Afrique, sous ce millénaire-là, des gens restent obnubilés par des intérêts politiques, des envies d’opprimer. Il y a également le mauvais entourage du mentor qui y est pour quelque chose dans les erreurs qu’il commet. Aujourd’hui, pour moi, lui et moi c’est un chapitre clos.

Quel message à l’endroit des jeunes à l’approche des élections à venir ?

Je demande aux jeunes du Tonkpi de prendre leur avenir en mains. Je leur demande de se réveiller. Je reconnais avoir été par le passé complice d’un endoctrinement. Aujourd’hui, de la lutte que je me dicte, je me dois de me racheter. C’est pourquoi, je leur demande de ne regarder qu’à ce qui leur est bon et favorable.

Il leur faut suivre la logique, ce qui fera le bonheur de leurs parents. Pour cela, il leur faut être responsables, loin de la violence tout en restant très calmes pour les élections prochaines. Cette jeunesse doit pouvoir se lever contre l’injustice, la corruption tout en disant non à tout ce qui mine le développement du Tonkpi.

Votre mot de fin…

Merci à toutes les personnes qui nous soutiennent dans ce combat à travers le monde. Cette promptitude est à saluer car elle permettra à tous les candidats du Tonkpi d’être protégés. Pour finir, je demande aux populations de rester debout, de ne pas se résigner à accepter ce qui n’est pas juste. Toute gloire a une fin sur terre. Seulement, il appartient à chaque être de tracer les sillons de son bonheur.

Propos recueillis par Sony Wagonda

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