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Economie et Politique

Côte d’Ivoire : Voilà pourquoi Alassane Ouattara devrait briguer un autre mandat en 2025!

S’il est un chef d’Etat ivoirien qui peut se targuer d’avoir sorti la Côte d’Ivoire du « trou », c’est bien Alassane Ouattara et qu’à ce titre. Il pourrait rempiler pour un autre mandat, en 2025. Pour autant, il n’y a qu’à faire un bref retour sur les élections présidentielles de 2020 où, selon ses dires, le Président se serait présenté contre son gré, pour un cas de force majeure, suite à la soudaine disparition de son successeur désigné, Amadou Gon Coulibaly, alors Premier Ministre. 

On connaît le bilan de ces élections générales boycottées par l’opposition où le Président s’est, certes, fait réélire à 94,27%, avec un taux de participation d’un peu plus de 53,9%, mais où la Côte d’Ivoire avait offert le visage d’un pays foncièrement divisé, au terme d’une campagne électorale émaillée de violence.  

Au regard de ce qui s’est passé en 2020, où à la faveur de la révision constitutionnelle, en 2015, le Président Alassane Ouattara eut la possibilité de se présenter à nouveau, ce que d’aucuns qualifient de troisième mandat, ce qu’interdit la Loi suprême ivoirienne, on devine la levée de boucliers que sa décision de se porter encore candidat, en 2025, va provoquer chez l’opposition. 

Pourtant, comme en 2020, si les partisans du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), parti majoritaire à l’Assemblée nationale, au Sénat, dans les régions et les mairies, le lui demandent, ce qui suppose que c’est la volonté de la majorité, il pourrait céder à la tentation de briguer une autre mandature. Et là où ses détracteurs parleraient de quatrième mandat, ses partisans n’y verraient qu’un second mandat, celui de 3ème République. 

« Alassane Ouattara mérite un autre mandat, pour plusieurs raisons »

Qu’à cela ne tienne ! Si tel était le cas, qu’est-ce qui pourrait, tactiquement, militer en faveur d’une autre candidature du Président? Avec le recul, et même au-delà du débat juridico-constitutionnel, Alassane Ouattara mérite un autre mandat, pour plusieurs raisons.

D’abord, depuis 2012, les performances économiques exceptionnelles de la Côte d’Ivoire qui enregistre des taux de croissance soutenue depuis 2012. En effet, premier pays producteur mondial de cacao et de noix de cajou, elle affiche une croissance du PIB réel de 8,2 % en moyenne sur la période 2012-2019.

En outre, elle est parvenue à contenir les effets néfastes de la pandémie de COVID-19 pour garder un rythme de croissance de 2%, en 2020. En 2021, en revanche, elle a « renoué avec sa trajectoire de forte croissance et continue de jouer un rôle central en tant que hub économique régional et terre d’accueil pour de nombreux ressortissants des pays de la Communauté Économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO)… ».

En 2022, en dépit des « des défis découlant de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, du resserrement monétaire mondial, et de l’instabilité politique croissante dans l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) », l’activité économique du pays est demeurée « robuste ».

Ouattara mérite d’être reconduit comme président

Au bout du compte, bien que l’économie mondiale ait connu des perturbations significatives, notamment la hausse des prix à l’importation, montée des taux d’intérêt mondiaux et nationaux qu’une baisse de la demande extérieure, la croissance économique n’a pas subi de choc majeur. Elle est passée de 7 % en 2021 à 6,7 % en 2022, et ce grâce aux choix économiques d’un homme.

A ce titre seul, il mérite d’être reconduit comme président. Ensuite, il y a l’épineuse problématique de la réconciliation. On sait que dès sa prise de fonction à la tête de l’Etat, le Nouvel occupant du Palais d’Abidjan a tôt fait de mettre en place la Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation (CDVR), en vue de restaurer la paix et, surtout, la confiance entre les Ivoiriens après une crise post-électorale sans précédent, en 2010-2011 qui a fait plus de 3.000 victimes. 

Après deux années d’exercice, la Commission a, certes, rendu ses conclusions, et qu’indépendamment de cette structure, plusieurs avancées ont été faites, mais on sait que beaucoup encore reste à faire sur ce front car il s’agit de réparer un tissu social mis à mal par plusieurs années de conflits ethnico-politiques. 

Alors, il est tout à fait loisible d’en laisser l’auteur achever une si belle symphonie. Cela ne saurait, toutefois, sous-entendre que c’est lui seul qui en a la capacité mais ayant été l’un des véritables instigateurs de ce long et tortueux processus, il serait souhaitable de lui donner encore une chance, afin qu’il puisse en consolider et renforcer les acquis. 

La Côte d’Ivoire a fait peau neuve depuis 2011

A ce titre, une fois de plus, il mérite un autre mandat, s’il le souhaite. Enfin, il faut souligner, et c’est le plus important, qu’au fil des années, que ce soit en 1990 ou en 2011, « l’homme des situations d’urgence », s’est peu à peu affirmé comme le « grand Président Bâtisseur» de la Côte d’Ivoire, parfois même au péril de sa propre vie.   

En réalité, « visionnaire critiqué pour sa politique de rigueur budgétaire avant d’être salué tant par les siens que par l’Afrique pour les résultats effectifs de la relance mise en place », au-delà des prouesses infrastructurelles, Alassane Ouattara demeure « le seul à instaurer une charte d’éthique » par le biais de la Haute Autorité pour la Bonne Gouvernance (HABG) aux fins de « moraliser la vie publique et à rompre avec une pratique pernicieuse érigée en mode de gestion »; ce qui naturellement implique inclusion, redevabilité, responsabilité et équité, toutes valeurs propices à l’égalité des chances et à la justice sociale.

Pour finir, il faut que la combinaison unique de la vision innovatrice et du leadership d’un homme ont permis à la Côte d’Ivoire de faire peau neuve, depuis 2011, à travers des slogans comme « Ivoirien Nouveau » ou « La Côte d’Ivoire émergente à l’horizon 2020 », qui sont de puissantes sources de motivation et, ainsi, de renouer, en un peu plus d’une décennie, après plusieurs années de marasme économique, avec les performances qui étaient la sienne, dans les années 60 et 70 où, pour la première fois, on parla de « miracle ivoirien ». 

Pour toutes ces raisons et bien d’autres encore, il mérite amplement que nous lui fassions encore confiance. 

OUSSOU Kouamé Rémi

Enseignant-chercheur à l’Université Alassane Ouattara-Bouaké

Expert en développement professionnel

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