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Eco et politique

Côte d’Ivoire : « Ouattara est conscient qu’il est impératif de bientôt passer le témoin…  » (Dr Oussou Kouamé Rémi) 

S’il y a une personnalité qui a le plus fait parler d’elle sur la scène publique ivoirienne au cours de ces trois (3) décennies en Côte d’Ivoire, c’est bien Alassane Ouattara. 

D’abord, appelé en urgence en tant que Premier Ministre, de 1990 à 1993, pour redresser l’économie ivoirienne en totale cessation de paiement mais qui, plus tard, sera exclu successivement des élections générales de 1995 et de 2000, pour nationalité douteuse. 

Ensuite, finalement en tant qu’adversaire de l’ancien Président Laurent Gbagbo contre qui il fut proclamé vainqueur, en 2010, au terme du second tour d’une élection présidentielle qui fit plus de 3.000 morts. 

Je me rappelle encore que lors des campagnes pour cette élection, Laurent Gbagbo n’a cessé de mettre en garde que le candidat du Rassemblement des Républicains (RDR) qu’était Alassane Ouattara était un candidat de l’étranger et qu’à ce titre, une fois les rênes du pouvoir pris, il allait s’empresser de « brader » la Côte d’Ivoire aux étrangers, notamment à la France. 

Depuis son accession à la magistrature suprême, le 11 avril 2011, pourtant, s’il est une chose qu’il faut retenir de l’homme, c’est son sens aigu des affaires et son infinie capacité à créer de la richesse. 

C’est, d’ailleurs, ce qu’il fit, au lendemain de son accession au pouvoir où il a commencé à mettre en application un système de gestion axée sur les résultats, ce qui permit à la Côte d’Ivoire de réaliser des performances économiques sans pareilles sur une période relativement courte. 

Néanmoins, intervenant dans une Côte d’Ivoire au tissu social plus que fragilisé par un peu plus d’une décennie de conflits politico-militaires et de haine intercommunautaire, il eut le nez assez fin pour mettre en place les conditions propices pour une réconciliation de tous les fils et filles du pays. 

C’est ainsi qu’il mit, tout de suite sur pied, la Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation (CDVR), mue par sa vision d’une Côte d’Ivoire à la fois renouvelée et réconciliée. 

« Plus que tout autre, le Président est conscient qu’il est impératif de bientôt passer le témoin à un de ses dauphins qu’il a patiemment préparés… « 

Par ailleurs, ayant remarqué que la plupart des crises survenues en Côte d’Ivoire sont d’origine foncièrement politique, il entreprit, quelques années plus tard, de mettre sur pied la plus grande coalition politique qui n’ait jamais existé, le Rassemblement des Houphouëtistes pour la démocratie et la paix (abrégé en RHDP).

On ne le dira jamais assez, la vision et le modèle économique du Président Alassane Ouattara visent, à terme, de contribuer à une transformation structurelle durable de la société ivoirienne. 

Aujourd’hui, avec 2025, année électorale, qui arrive à grands pas, c’est la question d’un mandat supplémentaire que réclament ardemment ses partisans. On dit généralement qu’en Afrique, on ne n’évoque pas la succession d’un chef quand celui-ci est encore en vie. 

Mais, plus que tout autre, le Président est conscient qu’il est impératif de bientôt passer le témoin à un de ses dauphins qu’il a patiemment préparés, à charge pour lui de jouir d’une retraite dorée. 

« L’idée de célébrer un président en Afrique pourrait paraître saugrenue et même absurde mais… « 

L’autre question qu’on omet de se poser est de savoir comment préserver et même améliorer cet immense héritage car toute œuvre humaine, pour longue qu’elle soit, ne saurait résister au temps si elle n’est pas préservée, défendue, entretenue, garantie, gardée, maintenue, afin de la perpétuer. 

Sous ce rapport, on pourrait créer un cercle d’intellectuels, à la fois experts dans leur domaine et qui ont un sens élevé d’engagement, dont la tâche sera de travailler à la perpétuation de cet héritage. Une autre idée qu’on pourrait explorer, c’est de créer, à l’instar du « President’s Day », aux Etats-Unis, un « ADO’s Day ». 

L’idée de célébrer un président en Afrique pourrait paraître saugrenue et même absurde mais, en réalité, elle s’impose plus que jamais dans la mesure où ce serait un excellent moyen de témoigner notre reconnaissance au Président Alassane Ouattara qui a joué un rôle déterminant dans la construction de la Côte d’Ivoire en y laissant une empreinte indélébile par ses actions. 

Dr Oussou Kouamé Rémi, enseignant-chercheur à l’Université Alassane Ouattara-Bouaké et expert en développement professionnel

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