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Ahoua Don Mello, vice-président des Brics: "Les russes ne sont pas en Afrique pour s’emparer des richesses naturelles africaines"

Monde

Ahoua Don Mello, vice-président des Brics: « Les russes ne sont pas en Afrique pour s’emparer des richesses naturelles africaines »

Lors d’une conférence publique portant sur «la place de la société civile dans la lutte panafricaniste », Ahoua Don Mello, qui est le vice-président des Brics, s’est penché sur certaines idées reçues telles que celles qui font croire que la Russie serait devenue le nouveau maître colon des pays désertés par la France.

La Russie n’est pas un nouveau colonisateur de l’Afrique. L’ivoirien Ahoua Don Mello qui est depuis plusieurs années maintenant le vice-président de l’Alliance des Brics, s’est servi de l’histoire pour l’expliquer à son auditoire venu écouter son point de vue sur le thème de la conférence publique qu’il animait le samedi 18 mai dernier, au centre national de matériels scientifiques (CNMS) de Cocody. 

Son thème : « la place de la société civile dans la lutte panafricaniste » lui a permis d’évoquer ses convictions sur les avantages qui s’offrent à un pays qui choisit d’être souverain et s’est épanché sur le rôle que peut jouer la Russie pour protéger la souveraineté des Etats africains. Don Mello est à Abidjan depuis deux semaines où il a pu participer à la convention du Parti des peuples Africains (PPA-CI) qui a désigné Laurent Gbagbo comme son candidat à l’élection présidentielle de 2025. 

Le vice-président de l’Alliance des Brics n’avait pas officiellement pris la parole avant ces échanges qui, de l’aveu, de plusieurs participants, leur ont fait un grand bien. Car pour Ahoua Don Mello, la société civile doit s’impliquer dans les transformations sociales qui sont nécessaires à l’émergence d’une société prospère et juste. Au nombre de ces transformations notables, il y a le monde multipolaire qui est devenu une réalité depuis le début de la guerre russo-ukrainienne.

L’ancien directeur général du Bnetd estime que ce nouveau monde multipolaire est une chance pour l’Afrique qui pourra ainsi se choisir les partenaires de son choix selon ses propres intérêts. Il a surtout profité pour effacer certaines idées reçues tendant à faire croire que la Russie est une puissance prédatrice qui viendrait prendre la place de l’ancien colonisateur français. 

Ahoua Don Mello a donc rappelé le rôle joué par la Russie dans les luttes pour les indépendances des pays africains. C’est d’ailleurs ce même rôle, pense-t-il, que joue la Russie pour renforcer la souveraineté des pays qui le désirent. « La Russie s’est mise du bon côté de l’histoire du continent africain puisqu’elle aide les pays qui veulent être souverains à se doter des moyens de dissuasion visant à empêcher toutes les velléités de reconquête de puissances militaires étrangères », a-t-il expliqué. 

Il est possible de mettre fin à partenariat avec la Russie sans se mettre en danger

C’est ce qui s’est passé au Sahel où le Mali, le Burkina Faso et le Niger étaient confrontés à la menace djihadiste qui les rendaient dépendants des pays occidentaux dont le comportement agaçait les populations.

Malheureusement, cette présence russe pose aussi question. Pour certaines personnes qui relaient généralement les positions de médias occidentaux, les russes sont en Afrique pour s’emparer des richesses naturelles africaines et ne seraient donc pas mieux que les nations qui ont été chassées. 

Faux, a répondu le vice-président de l’Alliance des Brics qui pense que la Russie ne vient pas recoloniser l’Afrique parce que ce n’est pas son état-d’esprit, mais aussi parce qu’elle n’est pas à la cherche de matières premières. «Contrairement à ce qu’on vous fait croire, a soutenu Don Mello, la Russie est le seul pays qui a toutes les matières premières dont regorge l’Afrique. Donc, ils ne viennent pour nos matières premières. Ils sont deuxième producteur mondial de pétrole, ont de l’uranium, le bois et le fer en abondance », a-t-il précisé. 

Pour lui, l’Afrique a désormais l’opportunité de diversifier ses partenaires selon ses propres intérêts. « Le monde multipolaire qui est en train de se mettre en place permet aux Africains de choisir leurs partenaires en fonctions de leurs intérêts. » Le vice-président de l’Alliance des Brics a surtout expliqué, se basant sur des faits historiques, qu’il est possible de mettre fin à partenariat avec la Russie sans se mettre en danger, évoquant les exemples de l’Angola, l’Ethiopie, l’Egypte qui ont mis fin à leur coopération militaire avec la Russie après que celle-ci eût aidé à les aguerrir militairement.

Lemeridien avec Sercom

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