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Economie et Politique

Affaire « Réhabilitation des écoles publiques du Plateau » : Cette vidéo qui discrédite la gestion du maire sortant

Mis sous pression par des vidéos montrant l’état déplorable des écoles primaires publiques de la commune, la mairie du Plateau a produit la sienne censée rétablir la vérité. En pure perte.

Le match des vidéos. Face aux effets dévastateurs de celles mises en ligne, la semaine dernière par des internautes, les services de la mairie du Plateau ont publié, lundi 31 juillet 2023, une autre censée clouer le bec aux détracteurs du maire sortant. Mais bien au contraire, celle-ci n’a fait que relancer la polémique.

Car le montage est assez grotesque. L’un des nombreux défauts de la vidéo est en effet sa non continuité. Les plans généralement trop serrés ne permettent pas de savoir où se passe l’action ou si l’ensemble de l’établissement en question était concerné.

Il y a également les déclarations de la directrice de l’école « Amon d’Aby » qui laissent penser qu’il restait encore des bâtiments à réhabiliter au moment où celle-ci exprimait sa gratitude au maire. Ces bâtiments concernés sont l’apatam et la cantine scolaire. 

Où est passé le financement d’environ 99 millions, qui avait été affecté à la remise en état de toutes ces écoles primaires ?

En conséquence, la vidéo ne permet pas de savoir si tous les bâtiments de ladite école ont été réhabilités. L’autre incongruité qui fait le plus jaser est la date du financement de la réhabilitation. La vidéo publiée par la mairie du Plateau atteste que la réhabilitation des écoles a été achevée en 2020, soit deux ans après l’arrivée au pouvoir de Jacques Ehouo.

Or, le document récapitulatif de l’état d’avancement des travaux communaux publiés en avril, soit il y a trois mois, indique que le marché de réhabilitation des écoles primaires publiques du Plateau a été officiellement attribué en 2022, comme le montre le numéro du marché : N° 2022-0-2-1317/04-323.

Alors question : comment se fait-il que la réhabilitation des écoles primaires publiques du Plateau ait été financée deux ans après son achèvement ? Autrement dit, y a-t-il eu plusieurs réhabilitations, et dans ce cas, où et comment s’est fait le financement de la première ?

Pour l’heure, les services de la mairie n’ont pas répondu à ces interrogations. D’autant plus que l’école prétendument réhabilitée présente une clôture aux murs ravagés par les moisissures, des plafonds troués ou arrachés, des classes sans porte, des tables-bancs brinquebalants, des toilettes qui donnent envie de vomir, à l’instar de l’école primaire publique de la cité policière et de la RAN dont la vidéo commençait à circuler ce mardi 1er août 2023 sur la toile.

Où est passé le financement d’environ 99 millions qui avait été affecté à la remise en état de toutes ces écoles primaires ? Après la publication de la vidéo montrant l’état de dénuement de l’école primaire publique de la cité policière, le maire sortant s’était rendu dans cette cité, en urgence.

Acclamé par ses supporters, il n’a, en revanche, pas fait de déclaration publique avant de quitter les lieux. Peu de citoyens comprennent qu’un maire gère le bien de tous pendant son mandat. Ce manque d’information les pousse généralement à se mettre volontairement dans un état de mendicité.

Que font donc le conseil municipal, les populations et la décentralisation ?

Mais même s’ils sont à plaindre, que penser des pouvoirs publics et notamment de la tutelle qui restent sans rien dire face à autant de déprédations, et sans faire son travail de contrôleur a postériori ? En tout cas pour l’heure, il est difficile de justifier les quelque 70 milliards (soit 14 milliards/an) que l’équipe municipale sortante a gérés pendant les cinq dernières années.

Outre les 99 millions environ passés par pertes et profits, de nombreux travaux supposément financés à coup de millions et parfois à coup de milliards sont inexistants sur l’ensemble de l’espace communal. C’est le cas de la Mairie centrale supposément exécutée à 70% pour un coût d’un peu plus d’un milliard deux cent millions.

Malheureusement cet ouvrage n’existe pas. Pareil pour la réhabilitation des bâtiments communaux qui a coûté, pour certains, environ 90 millions. A la vérité, tous ceux qui connaissent le siège de la mairie savent que seul le bâtiment abritant les bureaux du maire a été repeint. Que font donc le conseil municipal, les populations et la décentralisation ?

Junior Ouattara

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