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Concerts aux tarifs exorbitants en Côte d'Ivoire : Comment les organisateurs excluent et marginalisent les fans les plus fidèles

Culture et société

Concerts aux tarifs exorbitants en Côte d’Ivoire : Comment les organisateurs excluent et marginalisent les fans les plus fidèles

Chaque année, à l’approche des fêtes de fin d’année, les organisateurs de spectacles en Côte d’Ivoire nous annoncent la venue de stars internationales, surtout africaines, pour des concerts exceptionnels. 

Ces événements sont censés être des moments de joie, de partage et de célébration de la culture musicale. Mais en réalité, ils sont le reflet d’une profonde injustice sociale qui exclut et marginalise les fans les plus fidèles et les plus nombreux de ces artistes.

En effet, les prix des billets pour ces concerts sont exorbitants, atteignant parfois plus d’un million de francs CFA, soit plus de 13 fois le salaire minimum garanti (SMIG) dans le pays.

Ces tarifs sont inaccessibles pour la majorité de la population ivoirienne qui vit dans la précarité et la pauvreté. Selon la Banque mondiale, le taux de pauvreté en Côte d’Ivoire était de 46,3 % en 2018, et il a sans doute augmenté depuis, à cause de la crise sanitaire et économique liée à la pandémie de Covid-19 et à l’inflation mondiale à tous les niveaux.

Les organisateurs de spectacles se justifient en invoquant les coûts élevés de la production, de la sécurité, et de la promotion de ces événements. Mais ces arguments ne tiennent pas la route, quand on compare les prix pratiqués en Côte d’Ivoire avec ceux d’autres pays où les mêmes artistes se produisent. 

Par exemple, en 2021, le chanteur nigérian Davido a donné un concert à Londres où le billet le plus cher coûtait 75 livres sterling, soit environ 65 000 francs CFA. Comment expliquer qu’en Côte d’Ivoire, le même type d’artistes demandent plus de 15 fois ce prix ?

« Ces concerts qui visent une clientèle élitiste, composée de nouveaux riches, de personnalités politiques, et de célébrités locales… »

La vérité, c’est que les organisateurs de spectacles en Côte d’Ivoire profitent de la popularité et du prestige de ces artistes pour faire du business, sans se soucier du bien-être de leurs fans. 

Ils visent une clientèle élitiste, composée de nouveaux riches, de personnalités politiques, et de célébrités locales qui peuvent se permettre de dépenser des sommes folles pour assister à ces concerts. 

Ils négligent ainsi les fans issus des zones populaires et défavorisées, qui sont pourtant les plus attachés et les plus fidèles à ces artistes. Ces fans sont spoliés, voire méprisés, par les organisateurs de spectacles, qui les privent de leur droit à la culture et à la fête.

Cette situation est intolérable et doit changer. Il faut que les organisateurs de spectacles en Côte d’Ivoire soient plus professionnels et plus responsables, et qu’ils respectent les fans de tous les horizons. 

« Les concerts de fin d’année en Côte d’Ivoire doivent redevenir ce qu’ils sont censés être… « 

Il faut qu’ils fixent des prix raisonnables et accessibles, qui tiennent compte du pouvoir d’achat et du niveau de vie de la population ivoirienne. Il faut qu’ils offrent des conditions de sécurité et de confort optimales, pour que les concerts se déroulent dans la sérénité et la convivialité. 

Il faut qu’ils favorisent la diversité et la mixité sociale, en proposant des concerts dans différents lieux et à différents horaires, pour toucher le plus grand nombre de personnes.

Les concerts de fin d’année en Côte d’Ivoire doivent redevenir ce qu’ils sont censés être : des occasions de réjouissance, de communion, et de valorisation de la musique africaine. 

C’est le souhait que je formule pour cette année 2024 et que je partage avec tous les mélomanes et les amoureux de la culture.

Ahouman Gaël Lakpa,

Citoyen Ivoirien,

Auteur-Ecrivain :

Analyste Sociopolitique

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